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Le monde de l'après-covid -4
par Mireille Forget le 2020-12-29

Trois jours avant Noël

La famille Cloutier a planifié une promenade en forêt et le temps est magnifique!  Hier, on pouvait croire qu’on aurait un Noël sans neige mais la dépression gorgée d’eau qui arrivait du sud-ouest américain a buté sur un fond froid en provenance du nord et bingo!  On aura un Noël tout blanc!  Que du bonheur.  

Camille est parti chercher les raquettes au sous-sol.  Il profite de cette accalmie pour souffler un peu.  Il s’assoit sur le divan et met ses AirPods pour écouter de la musique.  Il s’accorde un moment pour laisser son esprit errer tranquillement, d’état d’âme en état d’âme…  Tout joyeux, il se rappelle…

... Au début d'octobre 2023, on a eu le feu vert final de la Santé publique mondiale et su que la pandémie était définitivement chose du passé, le virus était mort, mort, mort et toute la terre a poussé un grand soupir de soulagement!  

C'est officiel, nous sommes enfin dans l’après-covid et c’est, comme prévu, accompagné d’une reprise économique vigoureuse.  Tout le monde a le vent dans les voiles!

Évidemment, il n’a pas fallu l’automne 2023 pour voir les choses s’améliorer.  C’est arrivé petit à petit, un geste à la fois.  C’était très encourageant de voir les interdictions se lever les unes après les autres.  De pouvoir se fréquenter, se toucher.  

Pour sûr, on prenait toujours plus soin de nos aînés.  Le personnel, en santé, justement rétribué, est de retour dans les établissements.  Il  nous a fallu cette crise pour nous rendre compte que la société négligeait ses aînés.  Les gouvernements ont agi.  Mais, là aussi, il a fallu attendre les retombées positives de la nouvelle économie verte.  Dans ce nouveau monde, la classe moyenne reprend du poil de la bête et les inégalités s'estompent jour après jour.  

Enfin, ce n’est pas tout à fait le même monde.  On pourrait même dire que c’est mieux, plus rassurant, plus humain.  C’est que les citoyens aussi ont appris de la pandémie.  En réalisant à quel point leur sécurité et leur confort pouvaient être dépendants de l’étranger, en particulier dans les domaines primordiaux de la santé et de l’alimentation, ils ont cherché à s’approvisionner de façon locale.  Et, par exemple, plusieurs ont installé un poulailler sur leur terrain.  

De façon générale, nous nous sommes mis à regarder les étiquettes pour connaitre la provenance des objets de consommation.  Nous avons compris qu’un produit local peut coûter un peu plus cher à l’achat mais que l’argent restera ici.  Les gens ont aussi appris à préférer la qualité, les objets beaux et durables.  N’osant plus voyager autant qu’avant, ce qui leur a laissé plus d’argent dans les poches, ils se sont naturellement tournés vers des solutions qui leur assuraient une qualité de vie permanente.  

On a beaucoup investi dans l’amélioration des résidences et les restaurants ont retrouvé la vedette.  Cependant, les achats en ligne et les communications par internet sont là pour rester.  D’ailleurs, les familles et les amis ont gardé l’habitude de communiquer par visioconférence.  Les livres ont aussi amélioré leur part de marché.

Mais, la plus belle différence, ça a été le retour des activités de groupe.  Enfin!  On a pu se fréquenter, se voir, se toucher sans crainte.  À propos de toucher, voilà sa tendre moitié qui descend l’escalier pour voir où il s’est encore pris les pieds…  Elle s’assoit près de lui et pose sa tête sur son épaule.  Ils restent ainsi un long moment sans parler, à savourer l’instant présent.  

Puis, c’est le temps d’aller prendre l’air et visiter le boisé derrière la maison.  Et, tout de suite en y arrivant, Camille et les siens font lever un beau vol de perdrix.  C’est le bonheur, un bonheur tout simple et tout près.





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