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Le deuil de mon animal de compagnie
par Mireille Forget le 2021-03-05

La vie nous fait traverser une succession de deuils. La mort d’un animal aimé est très souvent la première expérience de deuil chez les enfants. Parce que oui, la perte d’un compagnon cher à la famille est un événement bouleversant dans notre vie. Malheureusement, le deuil d’un animal de compagnie n’est pas toujours pris au sérieux par les gens qui nous entourent.


Un membre de la famille

Personne ne réagit de la même façon à la mort d’un animal. Nos animaux de compagnie ne sont pas de simples compagnons. Ils sont des membres de notre famille et bien souvent nos confidents. Une maman disait: «Notre chien était le troisième enfant de la famille.» Le sentiment d’attachement qu’on a envers eux est si fort que lorsqu’ils doivent nous quitter, le deuil que nous vivons est bien réel.


Des conseils pour vous aider

Le deuil d’un animal n’est pas nécessairement plus simple que la perte d’une personne qui nous est chère. Il n’y a pas de formule magique pour vivre ce deuil ni de façon miraculeuse pour cesser de ressentir la peine qui nous habite.

Par contre, il existe de petits trucs qui peuvent vous aider à vivre cette perte tout en apaisant votre peine. En voici quelques-uns:

1. Acceptez la situation: il se peut fort bien que vous ayez à passer à travers toute une gamme d’émotions lorsque vous remiserez, un à un, ses bols, ses jouets, son coussin. Il est tout à fait normal de devoir prendre un certain temps avant de s’y habituer.

2. Prenez le temps de vivre votre peine: hélas, la seule façon de traverser un deuil est d’apprendre à accepter les événements et de vivre sa peine. Un jour à la fois, et vous vous rendrez compte que vous éprouvez un tout petit moins de peine que la journée précédente.

3. Discutez avec des gens qui ont vécu ce type de deuil: l’empathie d’un proche peut être bénéfique. Ces personnes sont en meilleure position pour comprendre ce que vous traversez. «Il faut avoir eu des animaux dans sa vie pour comprendre la douleur que peuvent vivre ceux qui doivent leur dire adieu.»

4. Demandez l’aide d’un professionnel au besoin: il n’y a rien de mal à aller chercher du soutien auprès des experts qui vous offrent des conseils venant d’un point de vue extérieur et qui voient les choses sous un autre angle.

5. Avoir recours à un petit rituel symbolique qui va permettre de faire face à la perte de l’animal et de lui dire au revoir.

6. Prendre du temps pour soi: gardez vos bonnes habitudes (promenade quotidienne, sortie dans la nature… ) Ne laissez personne vous dire que ce n’est pas normal d’avoir autant de peine parce que «c’est juste un animal».


Le dire à l’enfant et utiliser les mots justes

Les enfants ne sont pas étrangers au chagrin et le silence ne supprime pas la peine. Il s’agit d’utiliser les mots justes quand on aborde un sujet aussi grave que la mort. Il faut leur expliquer les choses avec des termes clairs, simples et précis. Les enfants sont parfaitement capables d’entendre les termes «mourir, mort, décès… » et éviter les images comme le chien est «parti au paradis», ou le chat «s’est endormi».


L’enfant est capable de vivre un deuil s’il est accompagné avec douceur et compréhension par des gens en qui il a confiance. Cette expérience va lui donner l’occasion de construire en lui une base solide et saine pour faire face aux pertes ultérieures de la vie. Cacher la réalité de la mort, ne pas savoir est beaucoup plus angoissant pour lui. Il risque de chercher l’animal ou de l’attendre pendant longtemps. Il pourrait même se sentir trahi.


Remplacer l’animal

Beaucoup de personnes se demandent s’ils doivent remplacer un animal rapidement et surtout quand en reprendre un. Un remplacement trop hâtif de l’animal peut nuire au processus normal de l’acceptation du deuil. Ce que l’enfant en retiendra, il le généralisera plus tard sur la perte d’une personne chère. Il est donc très important de ne pas lui éviter le contact avec la mort ou lui mentir, mais l’aider à installer au fond de son coeur le souvenir de son compagnon de jeu.

Certes, c’est un moment difficile, autant pour l’enfant que pour les parents, mais une chose est sûre, il faut se préparer à devoir répondre aux questions sur la mort: pourquoi les animaux meurent-ils? Est-ce que c’était de ma faute? Qu’est-ce qui arrive après la mort? C’est ainsi que les enfants s’efforcent d’intégrer le deuil. 


Mettre des mots sur ses émotions

«Je sais que tu te sens triste. Moi aussi je suis triste. Nous aimions notre animal, et il nous aimait beaucoup.» Il faut employer des mots simples et clairs sur cette réalité selon l’âge et la perception de la réalité de la mort. Il vaut mieux bien choisir ses mots et avouer qu’on ne sait pas où est parti l’animal de compagnie. Les plus jeunes enfants font des liens de cause à effet qu’on ne prévoit pas.


En terminant, il n’y a pas de science exacte lorsque l’on touche au deuil. Peu importe l’âge, chacun réagit à sa manière. Le meilleur conseil est de prendre le temps de se souvenir, de pleurer, de sourire à nouveau et de continuer d’aimer.

«L’enfant qui sait se pencher sur un animal souffrant saura un jour tendre la main à son prochain.»  A. Schweitzer

Liette Desjardins, desjardins53@videotron.ca, Célébrante funéraire laïque et accompagnement du deuil




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