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Nous descendons tous des étoiles...
par Mireille Forget le 2021-09-05

J’ai vu passer sur You Tube une intéressante conférence de Hubert Reeves, un Québécois né à Montréal en 1932.  C’est un astrophysicien et un vulgarisateur scientifique bien connu et il a publié plusieurs livres; comme moi, vous en avez peut-être lu quelques-uns.  On le compte aussi parmi les écologistes de renom.  

Lors de cette conférence, on lui a demandé de répondre à 3 questions précises : 

1-   Pourquoi y a-t’il quelque chose plutôt que rien?

2-  Comment l’information existe-t-elle?

3-  Quelle est la différence entre la vie et l’inertie?


Ce qu’est la vie sur terre

D’abord, il a expliqué la différence entre une molécule vivante et une molécule ordinaire comme le sucre.  C’est simple: le sucre est inerte et on le définit par ses constituants chimiques.   

Au contraire, la molécule vivante est déterminée par l’évolution qui l’a précédée, elle a un but.  Lorsque la vie apparaît, elle ajoute une nouvelle injonction (sorte de commandement) à la matière qui dispose alors d’un programme interne lui enjoignant de se développer, naître, manger, se reproduire et mourir.  Comme un projet de vie.  

Un exemple: l’abeille qui va aller polliniser les fleurs, remplissant ainsi des fonctions indispensables pour elle-même et sa ruche.  Sa fonction va aussi l’amener à féconder des plantes et alors, son action s’inscrit dans une chaine vivante. Les humains aussi ont des programmations physiques comme digérer ou mentales comme lever la main.  

Notre éminent scientifique affirme que la vie est en fait la forme la plus élevée de la matière et qu’elle a une histoire sur la terre qui dépasse les 3,8 milliards d’années alors que notre planète en compte 4,5.  Tous les êtres vivants forment une seule grande famille avec beaucoup de branches allant des plus anciennes et primitives aux plus récentes et sophistiquées.

Il ajoute: la vie est extrêmement robuste et elle a survécu à 5 grandes extinctions de masse.  On sait que la vie est apparue dans les zones côtières peu profondes des océans sous forme de simples molécules puis d’êtres unicellulaires.  

Avec le temps, le vivant s’est diversifié jusqu’à occuper toutes les niches écologiques disponibles.  La majorité des formes de vie ont basé leur génétique sur la chimie du carbone (comme nous) tandis que d’autres, plus rares, ont choisi celle du souffre.  Il existe même certains représentants du monde vivant qu’on appelle extrêmophiles.  Ce sont des êtres qui peuvent survivre dans les océans les plus profonds, ou encore être particulièrement résistants aux grandes chaleurs, à la radioactivité et même au vide spatial.  La terre pullule de vie.

 

Ce qui a rendu la vie possible

Puis, Hubert Reeves explique de quelle manière nous sommes tous les enfants des étoiles.  Peu après le début de l’évolution du cosmos, la matière commence à s’organiser et il semblerait que l’hydrogène omniprésent soit en quelque sorte le pilote de l’évolution des galaxies.  

Étape suivante: l’univers croit en complexité, agglutinant la matière éparse en étoiles, en systèmes solaires et en galaxies.  Les galaxies anciennes entrent en collision ce qui donne naissance à des étoiles bleues gigantesques.  

Les nébuleuses accouchent aussi d’étoiles qui, après avoir épuisé leur énergie, vont mourir en explosant, produisant une moisson d’atomes comme l’azote, l’oxygène et quelques autres éléments chimiques.  Finalement, les super novas vont produire les éléments les plus lourds alors que les comètes vont accumuler l’eau produite par l’union de l’hydrogène avec l’oxygène et la disperser dans le cosmos.   En fait, ce sont la vie et la mort des étoiles qui ont produit les conditions nécessaires à l’apparition de la vie. 

Les lois fertiles régissant les combinaisons des éléments chimiques vont ensuite permettre à la vie de se développer.


La vie ailleurs dans le cosmos

Là, nous allons devoir nous intéresser à la recherche dans l’espace sidéral.  20 ans d’observation avec des télescopes hyperpuissants ont démontré que la vie est rare dans le cosmos.  

Notre système solaire n’est qu’un parmi les milliards de groupes de galaxies, d’amas stellaires et de galaxies que nous avons pu identifier.  Il y a de quoi avoir le vertige.  

Les astronomes ont déjà identifié 3 000 exoplanètes (hors système solaire) semblables à notre terre si vivante et notre système solaire n’en est qu’un parmi les autres...

À la question: y a-t’il de la vie ailleurs, Hubert Reeves a apporté une réponse surprenante, bien connue des astrophysiciens et qui fait réfléchir :  une civilisation comme la nôtre est-elle viable?  Plusieurs se souviennent de la guerre froide entre les 2 plus grandes puissances des années 1950 qui se livraient à une course effrénée aux armements atomiques…  Nous sommes alors passés à 2 doigts de l’anéantissement.  

Donc une grave question se pose: lorsqu’une civilisation se développe et découvre la technologie, il y a un espace de temps périlleux entre la découverte scientifique et le risque l’annihilation causé par celle-ci.  Parce qu’il est possible que cette civilisation se saccage elle-même.  La science a donné un nom à cette hypothèse qu’elle a appelé le paradoxe de Fermi, soit la capacité de survivre à sa propre puissance.  C’est assez macabre et peut-être la raison pour laquelle nous n’avons pas de visiteurs bienveillants venus de l’espace…


Saviez-vous que…

Puis, M. Reeves termine sa conférence en nous donnant des ordres de grandeur qui font réfléchir.  

En partant, il évalue la consommation d’énergie du soleil: c'est l'unité de départ, soit 1.   À partir de là, il calcule la différence entre la consommation du soleil et la nôtre, habitants de la terre.  

Il apparaît que les plantes sont 1.000 fois plus actives que le soleil, puis viennent les animaux, dont nous sommes, qui sont 100.000 fois plus actifs que le Soleil.  Et, finalement, attachez bien votre tuque avec de la broche, nos ordinateurs le sont des millions de fois plus…  C’est comme ça qu’il termine sa conférence.  

Il y a de quoi réfléchir non?  Pensez-y la prochaine fois que vous allez utiliser votre ordinateur ou votre téléphone intelligent.  Le nuage, c’est comme le Père Noël, ça n’existe pas.  Toutes nos communications numériques passent par des modems reliés en séries logés dans de grands bâtiments.  Ces appareils utilisent de l’électricité et produisent de grandes quantités de chaleur résiduelle.   

Le Québec avec son électricité fiable à faible coût est naturellement une destination de choix pour ces technologies.   Et c’est même pourquoi on nous annonçait à Lévis en juillet qu’une nouvelle entreprise va bientôt s'y établir.  La chaleur résiduelle produite sera utilisée pour chauffer de grandes serres de légumes.  Comme quoi on n’arrête pas le progrès…

Mireille Forget





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